Kolaps-Chapitre 1

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Kolaps-Chapitre 1

Message par Admin le Sam 9 Mar - 14:05

Époque 1

Chapitre 1

«Je suis l'alpha et l’oméga, celui qui est, qui était, et qui vient, le Tout Puissant. »
Apocalypse 1:8


Strasbourg, district d' Obernai, quartier 5 le 1er Novembre 2052

Le quartier 5 d' Obernai était constitué en grande partie de tours de studios a loyers modérés. De ce fait, logeaient ici en majorité de jeunes citoyens de classe 2 en fin d'études ou a la recherche de leur premier emploi. Ces jeunes adultes faisaient partis du commun des européens, compétents intellectuellement et socialement. Ils avaient embrassé le modèle de consommation mondial et pouvait ainsi participer au développement en votant et en payant des impôts. Outre les logements, de nombreux commerces de proximité, bar et lieux de spectacles animaient les rues et un large parc de 3000m², le plus grand dans un rayon de 100 kilomètre rendait la vie agréable. Le réseau E-stranet y était libre d'accès, permettant aux habitants de communiquer, de jouir des dernières avancées en réalité augmentée et de s'informer au sein d'un réseau internet européen sécurisé. Tous ces avantages faisait du quartier 5, un quartier très demandé par une jeunesse venant de familles aisées.

Au sein du bloc les primevères, dans son 12m², une nuit sans sommeil s'acheva pour Stefan Solmeyer. Vautré dans son canapé, une douzaine de canettes d' energy drink a ses pieds, ses yeux n'avait pu se fermer sur le flux d'informations que lui délivrait depuis minuit ses lunettes interactives. Minuit, l'heure du crime, l'heure choisie par les terroristes pour attaquer le cœur de l'Europe et son peuple.

« Un attentat visant le district du Parlement a prit pour cible le générateur de puissance cette nuit a 0h00 précisément. La déflagration a été ressenti à plusieurs dizaines de kilomètres et les dégâts sont colossaux. On estime a environ un million le nombre de personnes ayant perdu la vie et une vingtaine de quartiers ont été réduits a l'état de ruines. On ne connaît pas encore le nombre de parlementaires touchés »
A ce commentaire, un flot ininterrompu d'images de désolation se succédait, immeubles effondrés, enfants errants, parents fouillant les décombres, pompiers luttant contre des incendies, des corps sans vie, le chaos et la mort partout.

A 8h00, une enveloppe apparue dans le coin supérieur droit du champ de vision de Solmeyer, suivi d'un petit tintement de clochette. D'un clin d’œil il ouvrit le message.

Drôle de moment pour recevoir une convocation pour un job pensa Solmeyer qui n'avait ni le courage ni l'envie d'y répondre. Cependant celle-ci émanant du bureau pour le plein emploi, ne pouvait être ignorée. Il se rappela son amie Constance relogée a Istanbul après avoir refusé de se rendre a une convocation et il ne tenait pas à finir ses jours en tant que classe 3 dans une ville usine du sud de l'Europe.
Il se dirigea donc vers sa petite salle de bain et consulta le message plus en détail. L'offre d'emploi émanait de l'Agence de Protection des Citoyens Pharmatis, elle même appartenant au groupe pharmaceutique Pharmatis, l'entretien était fixé a 10h00 dans leurs locaux du district de Colmar.
Debout, devant son lavabo, face a son miroir, il fixa un instant son regard, sur un petit bouton disgracieux qui avait poussé durant ces dernières heures à la commissure de ses lèvres. D'un doigté habile, il s'en débarrassa et, après avoir jugé qu'il ne représentait plus une menace à l'harmonie de son visage d’Apollon, il lança « Encore un boulot de vigile ! » avant d'enfourner dans sa bouche sa brosse a dents dûment enduite du nouveau dentifrice de son futur employeur. Il commençait a regretter ses heures en salle de fitness, n'étant pas sur que si il mettait sur une balance le temps passé en charmante compagnie et le temps passé a faire des jobs de merde celle ci pencherait en sa faveur. Cependant, en se déshabillant il ne pouvait s'empêcher de faire rouler ses muscles pour son propre plaisir prenant instinctivement les photographies de son corps parfait dont il affectionnait en nourrir les réseaux sociaux. Il finit par ôter ses lunettes avant de se glisser sous une douche à peine tiède espérant que celle ci lui donnerait le coup de fouet nécessaire pour démarrer sa journée.
C'est un peu transi de froid qu'il en sortit après s'être lavé de sa courte chevelure brune jusqu'au bout de ses orteils. Il rechaussa ses lunettes et passa son peignoir. En se séchant, il remarqua que sa mère venait de l'appeler, elle venait certainement de consulter les informations en se réveillant. S'habillant il composa un message succin dans le but de la rassurer « G 1 RDV job, V b1, tkt « . Il était plutôt satisfait de ne pas l'avoir eu en direct, il était déjà 9h00 et il devait être au district de Colmar dans 1 heure, pour sûr, lui parler l'aurait mis en retard.

En sortant de chez lui, Solmeyer effleura l’écran tactile de son réfrigérateur qui lui distribua une nouvelle boite d'energy drink, qu'il porta instinctivement à sa bouche en fermant la porte de son appartement.
Strasbourg district de Colmar le 1er Novembre 2052

La pendule indiquait 10h00, déjà plusieurs minutes interminables que Solmeyer avait été conduit avec d'autres dans une des salles de restaurant de Pharmatis. Ils étaient une petite trentaine un café a la main, scrutant nerveusement la pièce et les deux hommes en arme placés de chaque coté de la seule issue de sortie. Une trentaine de citoyens des deux sexes qui à en croire l'ambiance préférerait ne jamais être venu. Une trentaine de candidats à un emploi mystérieux, coupés du monde depuis qu'on leur avait demandé de déposer tous leurs biens a leur arrivée.
Opportuniste Solmeyer, avait repéré dans l'assistance une jeune femme, brune, le visage angélique, la plastique irréprochable et au goût vestimentaire qui laisserait pantois n'importe quel rédacteur en chef de magazine de mode. Après lui avoir fait de l’œil pendant cinq minutes, elle semblait réceptive et il décida de briser la glace. Il s'approcha d'elle et voulu lancer une de ses formules de drague à succès lorsque la porte du réfectoire s'ouvrit avec fracas.

« -gaaard-vous !! » lança un soldat avant de se figer, droit comme un I. Un homme a la carrure titanesque entra dans la pièce. L'uniforme qu'il portait semblait prêt a se déchirer sous la pression de sa musculature. Au sommet de ce corps trônait une tête en accord parfait, la mâchoire puissante , les traits burinés par les combats et une large cicatrice sur la pommette gauche soulignait des yeux d'une couleur bleu acier. Nul doute que Pharmatis avait du l'aider à obtenir ce résultat pensa alors Solmeyer impressionné par ce qui lui évoquait un beau salopard du bloc Sino-Russe made in Hollywood.

Le colosse toisa l'assemblée réunie dans le local.

« -Regardez vous, bande de lopettes j'ai purgé des classes 4 qui avait plus d'intelligence dans le regard que vous tous réuni, on se croirait dans un bordel de camée ! Garde a vous ! »
A cet instant, un sentiment de crainte mêlée d’incompréhension se distilla dans les rangs et c'est devant un parterre de I qu'il poursuivit, pointant du pouce sa bande patronymique.
« -Mon nom est Ivan Boronov ou Sergent Boronov, mais pour vous ce sera Sergent. Je serais votre instructeur lors de votre période d'essai. Si il y en a qui préfèrent aller serrer des boulons en Roumanie qu'ils sortent des rangs de suite que l'intendant puisse en informer l'administration..... personne ? » Boronov semblait déjà tester les candidats, plongeant son regard froid dans les leurs. C'est a ce moment que la voisine de Solmeyer entra en contact avec lui pour la première et dernière fois en tombant presque dans ses bras avant de s'écraser au sol dans un bruit mat, évanouit.
« -Je prends ça pour un oui ; Kirmann ! » s'adressant a un des soldat en faction a la porte.
« - Évacuez moi ça et l'autre dégueulasse au fond qui a confondu son falzar avec un urinoir … pour les autres, repos ! » .

Repos, le mot sonnait bien aux oreilles de Solmeyer qui commençait a sentir le contrecoup de sa nuit blanche. Cependant il semblait évident que ce n'était pas le moment de flancher et étouffa un bâillement inopportun avant de se redresser fièrement.

« - Ouvrez bien vos esgourdes, a présent et jusqu'à la fin de votre période d'essai d'une semaine, je ne veux vous entendre prononcer que 2 mots a mon égard : oui et sergent … reçu ? »
Apres deux longues secondes, Solmeyer ne sentant personne réagir lança un timide « oui «  .
« - J'entends rien les pleureuses ! Vous avez compris ?! »
« - Oui ! » reprirent conjointement une dizaine d'individus.
« - Oui qui ?! »
« - Oui Sergent ! » s'exclama a l'unisson la troupe nouvellement formée.
D'un air satisfait, Boronov continua l'exposé de l'emploi.
« - A moins que l'un d'entre vous ait pris une cuite monumentale, soit partie chasser le dragon ou bien sorti d'un coma profond ce matin, vous n'êtes pas sans savoir que le district Parlement a subit une attaque terroriste cette nuit, un des générateur de puissance a été détruit , on compte les morts par centaines de milliers et les autorités craignent pour la sécurité des citoyens. En raison des risques de récidive et éventuellement de la venue de pillards, plusieurs APC ont été mandatées pour sécuriser la zone. C'est la que ceux d'entre vous qui feront l'affaire auront l'honneur de m'accompagner. Pour l'heure vous allez attendre la que le Caporal Kirmann vienne vous chercher pour la visite médicale et la perception de votre paquetage. Reçu ? »
« -Oui Sergent ! »
« - Garde à vous ! »
Sur ces derniers mots le sergent sorti.

« -Repos ! »
Le caporal venait de prendre la parole, c'était un homme a peine plus vieux que Solmeyer, assez grand, une barbe naissante lui donnait cependant plus de maturité.
« On ne se laisse pas aller, félicitations vous avez fait le bon choix et on s'aligne le long du mur ! » continua t -il tapotant le mur. Albertini et Corvin vous venez avec moi

Strasbourg district du Parlement le 8 novembre 2052

7 jours s'étaient écoulés, une éternité pour les jeunes recrues de l'APC Pharmatis. Loin du confort de leur vie citadine, elles avaient été délocalisées au camp d’entraînement de Drachenbronn , un ancien complexe militaire mis a disposition de Pharmatis par la France. Dans cet environnement du début du siècle, privé de la protection des murs de Strasbourg et en plein cœur de la forêt, au pied des Vosges, les plus résistantes d'entre elles avaient appris les rudiments du maniement des armes et les bases des techniques propre à l'APC pharmatis. Stefan Solmeyer faisait parti de ceux la ainsi que Marcello Albertini un fils d'italiens, corpulent et à la chevelure brune mi longue bouclée, Rodolf Steiner un natif de Strasbourg, petit et vif et Vera Kowalik une jeune femme blonde athlétique issue d'une famille polonaise aisée immigrée en France lors de la Grande Restructuration . Tous les quatre avaient été intégré à la 6ème section de maintien de l'ordre, sous le commandement direct du Sergent Boronov. Ils rejoignaient le Caporal Kirmann et les premières classes Carvos, Gondo , Langlois et Salomon, une femme et quatre hommes dont les traits et l'allure évoquaient plus une bande de mercenaire que des agents de Police.

7 jours s'étaient écoulés à Strasbourg. Peut être était ce dû au sevrage imposé par l'éloignement ou à l'approche du ground zero, mais Solmeyer trouvait sa ville changée, l'atmosphère y était devenue lourde. En regardant par la fenêtre du transport blindé qui les convoyait sur le site de sa première mission, il scrutait les rues abandonnées du quartier le plus huppé de Strasbourg. Un voile de cendres s'était abattu et ne semblait vouloir se lever. Au fur et à mesure que le véhicule progressait la lumière du soleil semblait décroître. Un sentiment de malaise grandissait au sein de l'unité.
« - C'est un français, un italien et un roumain qui vont à un speed dating … «  Albertini, ne put s’empêcher de vouloir détendre l'atmosphère d'une de ses blague machiste s'attirant de suite les regards noirs de Kowalik et Langlois les deux personnels féminins de la section. Solmeyer donna un coup de coude à son voisin de chambrée, non qu'il ne souhaitait pas entendre la fin de son histoire dont il raffolait, mais parce que le moment était manifestement mal choisi. Vexé, le « rital » comme l'avait déjà surnommé sa section, empoigna son FA F4 , et en vérifia machinalement le chargeur. Il le remis en place, au moment exact de l’arrêt du véhicule.
Une voix grave sortit des haut parleurs de l'habitacle :
« - On est arrivé Soldates ! Vissez vos casques et sortez, faites pas vos danseuses le comité d'accueil est déjà là ! »
Soldates, c'était ainsi que Boronov avec son accent slave, avait appelé ses recrues durant l'instruction. Et c'est ainsi qu'il appelait ceux sous ses ordres indépendamment du fait qu'ils ne soient qu'une force de Police et non militaire. Quoiqu'il en soit la 6eme section de maintient de l'ordre de l'APC Pharmatis devait prendre ses fonctions dès maintenant, et après que chacun ait complété sa tenue en enfilant son casque ils sortirent .

La place du 13 mai, qui, il y a encore une semaine fourmillait de banquiers et de traders, était en ce jour le quartier général des APC réunies sous le commandement de la Générale , l' APC de la générale de l'armement. Leurs agents s'affairaient a de multiples taches et leurs uniforme noirs étaient omniprésent. La 6ème section avait rejoint la 5ème et la 4ème et en rang ils attendaient les directives et le retour de leurs sergents. Après une courte attente, sortant des locaux de la banque d'investissement nord européenne réquisitionnés suite à l'attentat, 6 agents de l'APC pharmatis rejoignirent les sections. Parmi elles Ivan Boronov, les 2 autres sergent, deux techniciens et le colonel Ackermann dirigeant sur le terrain les forces de l'APC Pharmatis.
A leur approche le Caporal Barker de la 5eme, s'exclama :
«  -Fixe ! » 

A cet ordre la petite trentaine d'hommes se mirent au garde à vous. Le Caporal Barker conclu par un :

«  -A vos ordres mon Colonel ! »

Ackermann s'approcha encore avant de s'immobiliser face à ses hommes, les sergents se mirent à leur tour au garde à vous et les techniciens munis de tablettes commencèrent a envoyer des informations aux systèmes tactiques intégrés au casque des policiers.
Le colonel commença son briefing :

« Repos, mesdames et messieurs, bonjour, notre mission est de venir en soutien aux hommes de la Générale. Ils ont délimités des zones autour du ground zero comme vous pouvez désormais le voir dans vos optiques. » Les plans de la ville téléchargés à l'instant apparaissait via le casque de chacun des membres des unités. «  Notre organisation a en charge le secteur 54 qui correspond au district de Kehl. La section du sergent Bordier couvrira les abords de la clinique et aidera à l'évacuation des derniers patients, les hommes du sergent Legal prendront position le long du mur extérieur et consolidera les brèches qui vous sont indiqués sur la carte, des hommes du génie de la générale vous attendent sur place avec l'équipement nécessaire. Le Sergent Boronov aura pour charge de récupérer un D.R.T , un drone de reconnaissance, de la Générale qui a cessé d'émettre aux abords du centre de tri des déchets. Avant de cesser ses émissions il a détecté un groupe de survivants qu'il vous faudra extraire. Il s'agit vraisemblablement d'employés de la déchetterie. »
« Génial ! » pensa Solmeyer, sa première mission se fera dans le quartier le plus mal fréquenté de Strasbourg . Il n'avait pas envisagé que les effets de l'explosion ce soit faire ressentir si loin. La banlieue Est et plus précisément le district de Kehl, était réputé pour être une zone de transit pour les citoyens déchus de leur classe 2 en attente d'un reclassement. Sa situation d'ancienne cité Allemande gérée par des forces françaises lui valait d'être un district instable ou le port d'un uniforme n'était absolument pas recommandé ! Perdu dans ses pensées il avait décroché du briefing et en reprit le cours que sur le « Gaardvou ! » lancé par le sergent Legal annonçant le départ du colonel.
« Repos ! Et en voiture Soldates, le devoir nous appelle, Kirmann tu pilotes  ! » conclut Boronov avant de se glisser à la place passager du VBT.

Starsbourg district de Kehl le 8 Novembre 2052

Le district de Kehl était délimité a l'ouest par le rhin et le district portuaire et à l'est par le mur d'enceinte de la mégalopole Strasbourg. Ce district comme tous les districts limitrophes servaient de zone tampon entre les quartiers hautement sécurisés et la Zone Agraire. La sécurité était plus l’œuvre de mafias locales que celle d'une quelconque APC, qui en général ne prenait que les missions de rétablissement de l'ordre dans ces districts.
Les rues portaient les stigmates d'une semaine d'émeutes et de pillages consécutifs à l'attentat. La population avait soit déserté les lieux pour les districts adjacents, soit avait vu leur mutation vers les Villes Usines accélérées ou encore, avait profité des brèches dans le mur pour aller chercher une liberté dangereuse en Zone Agraire, le No Man's Land en argot. Il ne restait plus que débris, barricades, voitures calcinées et corps sans vie dans les rues.Les secours encore trop occupés à extraire les corps des dignitaires Strasbourgeois en périphérie proche du ground zero avait laissé le soin aux rats et à la vermine inféodée au district de faire leur travail.
Un groupe de corbeau dut abandonner leur repas à l'approche d'un pas lourd. Les charognards n'étaient pas les seuls à s’intéresser aux morts , mais un seul individu s'intéressait pour l'instant à ce qu'ils pouvaient encore raconter. Une silhouette sinistre, un homme vétu de cuir portant tablier d'acier , cagoule et arborant d'étranges crânes à sa ceinture se pencha sur le soldat en uniforme noir qui, il y a quelques instant, servait de banquet aux funestes volatiles. Il posa la lourde hache sur laquelle il avait pris appui et commença un examen, ses mains parcourant le corps sans vie de l'homme de la Générale.

«- Que vois tu mon amour ? »
«- Tu vas partir à la chasse Papa ? »
« - Ohh oui s'il te plait, tue encore …. tue plus ...sali ton âme et rejoins nous Père ! »

Des voix s’élevaient des têtes pendant à sa ceinture, mais ne semblait pas perturber l'homme. Sous le gilet tactique, à hauteur du bas ventre il venait de mettre à jour trois profondes entailles dont aucune arme ni créature du règne animal ne pouvait être à l'origine. Son diagnostique établit il se redressa, et scruta les alentours. Soudain, des bruits à une centaine de mètres mirent fin aux investigations.

«- Mate moi ces petits derrières Stefan, c'est pas le pied ces optiques, ils intègrent même l'appli Rayon X. Faut que j'aille faire une ronde ce soir près de leur dortoir ,mamamia !! ». Albertini et Solmeyer suivaient à petite distance Kowalik et Langlois. La 6èmè section avait dut mettre pied à terre et se déployer afin de couvrir le secteur à la recherche du DRT.
Les rues jonchées d'épaves de voitures dont la majorité datait du début du siècle, soulignait le bas niveau social du district. Il était fort probable qu'en abandonnant ici leurs véhicules, les habitants avaient ainsi laissé tous leurs biens.
« -Putain ! » la voix de Langlois se fit entendre dans les casques de l'escouade.
« -Ou ça ? » répondit Albertini du tac au tac.
«- Tes trop con ! » s'esclaffa Solmeyer.
« -Ferme la, le Rital et ramène ton gros cul ici. »
Kowalik et Langlois avaient découvert le corps du membre de la Générale et pendant que Kowalik se débarrassait de son petit déjeuner dans le caniveau, Langlois se saisit de la plaque patronymique avant d'être rejoint au pas de course par les deux hommes.

«- Dumont Fabrice, 3ème section, 2ème compagnie …. de combat !! »
« -De combat ? Ça veut dire quoi ce bordel ? Et puis qu'est ce qu'un gars de la Générale branle ici !? » s’étonna Solmeyer.
« -T'as vu cette blessure, faut être barge pour mutiler quelqu'un comme ça ! » renchérit Albertini.
« -Soldates, on se calme. Je vous rejoins avec Kirmann ... » La voix de Boronov , même si elle n'avait pas réussi a rassurer, avait au moins clamer les esprits.
«  -Hey, je perçois une trace thermique par ici. » Kowalik se reprenant pointa du doigt une des rues adjacente. Les infrarouges indiquaient clairement le passage récent de quelqu'un..
«- OK, on y va ! » Emmenés par Langlois, les quatre policiers saisirent leur tonfa et se mirent à courir, suivant la piste « -Sergent, nous allons au sud est, par la rue de … Helm, nous poursuivons un individu peut être responsable ou témoin de la mort d'un agent de la générale ».
A peine le seuil de la rue franchie, le petit groupe stoppa sa course. L’atmosphère était lourde et une concentration plus forte de cadavre emplissait l'air d'une odeur nauséabonde. Quelques véhicules finissaient de se consumer. Et un camion couché en travers masquait l'horizon. L'orientation de la rue semblait atténuer encore les rayons du soleil, la pénombre rendant toute chose menaçante. Un silence de mort hantait les lieux.
« -Allez, un peu de couilles les mecs... » lança Kowalik, s’enfonçant plus avant, suivie de Langlois.
« -Hey Vera , c'est pas moi qui me suis vidé il y deux minutes !! » Protesta Solmeyer alors que les femmes du groupe commençaient à se fondre dans l'obscurité.
« -Ouais , vous faites ch.. » le son de la voix d'Albertini s'éteignit au moment précis ou un liquide chaud et visqueux arrosa la joue de Solmeyer. Sa visibilité fut rapidement diminuée par un mouchetis de points chauds .
«- Marcello !? » cria t'il en faisant volte-face. Une créature vaguement humaine lui répondit par un hurlement perçant et en lui jetant la tête de son ami. Un mouvement de recul le fit tomber au sol. Son casque heurta le sol, provoquant un larsen insoutenable de son système audio. Retirant son casque il put percevoir les cris de Kowalik et de Langlois précédant une salve de Fusil d’Assaut. Alors qu'il tentait de se relever pour leur venir en aide, un puissant coup de sabot vint le plaquer au sol. L'assassin d'Albertini, ne l'avait pas oublié. De ses yeux nus, il pouvait désormais contempler son bourreau, une créature de cauchemar, un démon monté sur des pattes animales, le corps couvert de brûlure, de la chair a vif, une tête dépourvue d'yeux et des griffes acérés qui bientôt allez le pénétrer. A aucun moment de sa vie Solmeyer n'avait songé à l'étreinte de la mort sous cette forme.
Refusant de l'affronter en face, Solmeyer soumis et terrorisé ferma les yeux dans l'attente du coup de grâce, qu'il devinait déjà extrêmement douloureux.

« - Uuuughhh !! » Un beuglement d'une tonalité familière se fit soudainement entendre suivi d'un son mat. Ouvrant les yeux, Solmeyer comprit que son agresseur venait de rencontrer le bouclier de Boronov et avait été projeté 2 mètres plus loin sur le capot d'un vieux monospace américain. Poursuivant son mouvement le sergent délivra, a bout portant , trois tirs de son fusil à pompe, rénovant ainsi la peinture du véhicule à grand renfort de matière cérébrale.
« -C'est pas le moment de se reposer Solmeyer ! » lança alors le caporal Kirmann en tendant la main pour l'aider à se relever.
« -Les signes vitaux des agents Kowalki et Langlois sont bons, elles se dirigent rapidement vers la déchetterie. »
«- En avant Soldates, tirez à vue on enverra une équipe de nettoyage plus tard » sur ces mots Boronov s’enfonça dans la rue, arme au poing.
«- Ne te fais pas de souci, Albertini n'a pas souffert, on prendra le temps de l'honorer plus tard. En avant ... » après une tape sur l'épaule de Solmeyer , Kirmann emboîta le pas du colosse Russe. Un peu étourdit et manifestement pas en état de réfléchir, le jeune strasbourgeois les suivi.

Sans opposition, les trois policiers rejoignirent le centre de tri. Un vaste terrain vague clôturé ou s'amoncelaient des piles de déchets ménagers, des plastiques et des métaux. Plus loin on distinguait l'unité d'incinération. Les traqueurs des agents féminins s'étaient immobilisés dans un des préfabriqué du personnel visible de la rue. Les scanners indiquaient de nombreux signes vitaux à l'intérieur du bâtiment. Discrètement les agents de l'APC se glissèrent derrière un véhicule afin d'évaluer la situation et d'élaborer un plan pour sortir leurs deux collègues. Au même moment Kirmann reçu une communication.
« -Sergent, le groupe de Gondo à localisé le DRT. »
« -Qu'il laisse le bleu sur place et que les autres nous rejoignent, il va y avoir du sport. » ordonna Boronov.
« -Gondo, laissez Steiner en faction prêt du Drone et ramenez vous avec les autres, on a besoin de vous ici rapidement. » transmit Kirmann.

Des cris en provenance de la déchetterie poussa Ivan Boronov à précipiter l'action.
« -Pas le temps d'attendre Soldates, je ne perdrai pas un homme de plus ! » Montrant une voiture encastrée dans la clôture à une vingtaine de mètres il poursuivit «  Kirmann, Solmeyer passez par là et faites évacuer le bâtiment, je vais faire diversion ! ». Sur ces mots, le Russe s'élança tel un bélier vers une petite porte d’accès, lançant un juron et tirant un coup de semonce. Un cri perçant lui répondit et une créature sortie à sa rencontre.
De leur coté, Solmeyer et Kirmann s'était introduit dans la déchetterie,le flot ininterrompu de jurons et de coups de feu les rassurait quand à la santé de leur sous officier. A l’abri des déchets ils progressaient rapidement vers le préfabriqué, chacun contrôlant un champ de vision pour éviter d'être pris à revers.
« -Contact ! » lança le caporal avant d'ouvrir le feu. Manifestement, le site était infesté par ces êtres, et un d'eux avait prévu de prendre par surprise les deux hommes.
« -Fonce, va sortir les nanas de ce merdier, j'te couvre. » A cet ordre, Solmeyer se rua vers le local ou était détenu les agents Langlois et Kowalik et en défonça la porte à coup d'épaule, entrant violemment dans la pièce, prêt à faire feu. La lampe de son FA F4 éclaira en premier les femmes de l'APC en état de choc. Un bruit sur sa gauche attira son attention et il éclaira pensant trouver les autres survivants. Le faisceau de sa lampe se posa sur une femme enceinte à moitier nue se traînant vers lui, les yeux injectés de sang, le visage défiguré, comme tordu par la douleur. Solmeyer cru distinguer des cornes pointées sous la surface de son front.. Puis il reçu un violent coup sur le crâne.
Une sueur froide, un vertige et ses jambes qui se dérobent sous son poids furent ses dernières sensations avant de s'effondrer. Au moment de sombrer dans l'inconscience il put entendre une petite voix gutturale.
« tu vas toutes les tuer Papa ? Lui aussi ? Allez dit oui Papa ! »
...
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